Gare de Lyon à Paris, un train à prendre, quoi d’autre ?
Rien à lire, dix minutes devant moi, je me précipite dans un de ces points de vente de livres que l’on ne nommera pas librairie. Me voilà prêt pour mon voyage ferroviaire, un bouquin d’Ignacio Ramonet dans la main : la Tyrannie de la communication.
L’auteur y traite de la crise du journalisme, de la surinformation et de la désinformation, de l’économie du secteur et plus particulièrement des immenses conglomérats qui se forment pour contrôler les médias et la communication, de la télé-réalité, d’Internet et de Lady Di. Et caetera, bien entendu.
Dépouillé pour dépouillé : ce livre m’a déçu.
Je lui trouve quelques raccourcis un peu hasardeux, il manque de cohérence (dans ses répétitions, aussi contradictoire que cela puisse paraître), à se demander si ce n’est pas une compilation d’articles remaniés pour l’occasion.
Ignacio Ramonet critique le mimétisme entre les différents médias, le fait qu’ils s’auto-alimentent de plus en plus alors que le début de son livre est presque une succession de propos rapportés, tirés de Télérama, du Monde et tant d’autres… Cela se remarque d’autant plus qu’il se « contente » par la suite de citer les sources au lieu de reprendre des bouts d’entretiens, voire des paragraphes entiers. Il se réfère également beaucoup à des articles ou des auteurs du Monde Diplomatique, ce qui est compréhensible, puisqu’il en est le rédacteur en chef, mais j’aurais justement souhaité un peu plus de réserve quant au fait de le citer (alors que, si ça se trouve, il a déjà fait preuve d’une immense réserve, aïe ! )
J’ai été également déçu par le fait de ne pas en apprendre plus de choses (j’entends d’ici « sale petit prétentieux »), le fait est que je suis déjà un peu sensibilisé sur le sujet, mais je ne peux pas dire que je n’ai rien appris non plus. J’ai parfois eu l’impression de me trouver face à quelques lieux communs (pas si communs, mais un peu quand même).
Bon, il faut reconnaître que ce livre est facile à lire, et se lit vite, seulement… ce petit quelque chose qui me dit qu’il en a été de même quant à son écriture me perturbe.
Et là je conclus :
C’est néanmoins un livre que je conseillerai aux néophytes du scepticisme médiatique, il est d’ailleurs peut-être écrit pour eux, et si mes propos paraissent ici péjoratifs, c’est que je m’exprime mal. Et je dois admettre que depuis que j’ai achevé la lecture de la Tyrannie de la communication, je suis encore plus mal à l’aise en écoutant les infos à la radio, encore plus dépité et énervé (en plus du fait que le 7-9 de France Inter devienne une émission de droite). Et même si ce livre ne devait me servir qu’en ça, c’est toujours ça.

