17 heure, ce dernier dimanche de janvier, le rendez-vous était pris pour une première rencontre.
Neuf personnes y étaient conviées pour échanger autour des livres et échanger des livres, chacune de ces neuf personnes ayant reçu consigne d’apporter deux ouvrages, de les présenter et de les prêter à tout intéressé.
C’est comme ça à la campagne, la communication et l’échange s’organisent, il ne suffit pas de fréquenter les bistrots pour que la transaction littéraire s’opère disons naturellement.
Madame et moi-même étions au nombre des convives.
J’ai apporté La ferme des animaux de George Orwell, 54×13 de Jean-Bernard Pouy, Vivre de Milena Jesenska et pour la forme, un dictionnaire, histoire de mentionner que c’est un de mes livres préférés.
J’avoue que j’étais un peu gêné au milieu de l’assistance, d’une part parce que je ne lis plus et de l’autre, parce que je suis sectaire en littérature. Madame ne manqua d’ailleurs pas de me faire préciser que je le suis particulièrement en littérature, pour l’être de façon générale. Effectivement, ce qui me plaît dans la lecture, c’est joindre la beauté d’une langue, d’un texte à la recherche de ce que je suis, de qui je suis. Certes, j’ai tendance à ne me vouer qu’aux « classiques », aux oeuvres ou aux auteurs dont je suis sûr qu’ils me marquent , je ne lis pas pour passer le temps, où me divertir, pour penser à autre chose, mais bel et bien pour penser, réfléchir et comprendre. Je craignais donc de ne voir apparaître sur la table basse autour de laquelle nous étions assis, que des choses dont le contact, la prise directe avec moi-même, ne soit pas évidente. Grosso modo, c’est ce qui se produisit, et c’est le jeu. Il y avait deux livres qui me tentaient plus que les autres, mais on a su se jeter dessus bien avant moi, ça aussi, je le savais. Me voilà donc rentré avec Je m’appelle Asher Lev de Chaïm Potok et L’homme qui savait tout de Catherine Jacob. En même temps, avec un pareil titre, L’homme qui savait tout, il y a sûrement une chance que ça parle de moi.
30 jan 2005
