31 jan 2008

Heartbreak Ridge

Catégorie : Kultur, écran(s)L'arpenteur K. @ 17:31
Heartbreak Ridge - L'affiche

Heartbreak Ridge - L'affiche

Heartbreak Ridge (1986), plus connu en France sous le titre du Maître de guerre, est un film de et avec Clint Eastwood que j’ai vu un certain nombre de fois et qu’il ne doit pas vraiment être la peine de présenter. C’est encore un film que j’ai découvert gamin, à l’époque où, pour Alexandre et moi, un tel film, avec de l’action, plein de gros mots, d’argot et de répliques « coups de poing », était le summum de la coolitude.

Il fallait, mardi soir, que je me change les idées, vraiment, et en ce moment le cinéma remplit assez bien cette fonction sur ma petite personne. Je n’avais aucune idée de quoi regarder, aucune inclinaison particulière, avant de tomber sur une bande-annonce de la Relève avec Charlie Sheen et Clint. Et encore une fois, Clint est apparu comme l’homme de la situation, il faut dire qu’il le porte un peu sur sa gueule et qu’il est coutumier du fait selon ses rôles les plus populaires.

Le sergent-tirailleur Highway

Le sergent-tirailleur Highway

C’était décidé, c’est Clint qu’il me fallait pour oublier un instant les vicissitudes de la vie. Malgré sa longue carrière, il n’est pas énormément représenté dans notre dévédéthèque et le choix s’est porté sur… Heartbreak Ridge, forcément, sinon je n’en parlerais pas ici. Le choix tranquille de la valeur sûre ayant déjà fait ses preuves.

Et à nouveau, j’ai pris du plaisir à le regarder et si j’en connais bon nombre de répliques par coeur, enfin, dans sa version française, ça m’a fait tout drôle de le voir en VO, ça ne devait être que la deuxième fois. J’avoue d’ailleurs que ça parle tellement vite et souvent avec un langage assez particulier, un accent pas possible, que sans les sous-titres j’aurais été véritablement paumé. Bon, et puis j’étais fatigué, hein. Quoiqu’il en soit, il y a un vrai travail sur l’écriture des dialogues, dont le trait est peut-être un peu forcé pour le côté comédie, mais qui fonctionne véritablement bien.

Tiens, je me rends compte que je suis incapable de parler de la réalisation de ce film. Je ne dois pas parvenir à y être attentif, pris par l’histoire, les dialogues, ma propre nostalgie. J’en déduis donc qu’elle ne doit pas être trop mauvaise ou ratée, parce qu’en tel cas, tout pris que l’on soit, quand ça saute aux yeux… Peut-être est-elle simplement sobre et efficace. Ceci dit, j’ai quelques images en tête, quelques plans qui sont loin d’être dégueulasses (en me relisant, je me dis aussi qu’il y en a des pas terribles, notamment pendant une scène de combat).

Le scénario de James Carabatsos ne fait pas forcément dans l’originalité mais va piocher dans différents registres avec un certain succès, en alternant entre la vie professionnelle et personnelle du sergent-tirailleur Highway qui finit par ne plus être à sa place nulle part et va se battre, au propre comme au figuré pour regagner son rang, au coeur des Marines comme dans celui de son ex-femme.

Highway et son ex-femme

Highway et son ex-femme

Le vrai sujet du film doit être quelque part par là d’ailleurs, mais je vous épargne une analyse qui risquerait d’être trop approximative. Highway, toujours debout, n’en est pas moins un personnage cabossé et malgré ses faits d’arme et la fierté qu’il en tire, la guerre reste un truc dégueulasse, c’est montré dès le générique et cela est sous-tendu tout au long du film, et Tom Highway ne sait faire que ça.

Une image du générique

Une image du générique

Bon, pourquoi tout cet habituel verbiage ? Parce qu’il me semble que le Maître de guerre est un film assez mésestimé dans la filmographie du réalisateur Eastwood, qu’il est pourtant assez fidèle à ce qu’est son univers, et qu’il mérite d’être vu ou revu. C’est divertissant et ça reste intelligent et sensible et pas mal fait. C’est donc bien mieux que quelques tonnes de bouses que l’on sait si bien nous servir et dont certains se repaissent malheureusement avec un appétit sans faille.

Choozoo raconte

Choozoo raconte

Highway et Choozoo, son vieux compère

Highway et Choozoo, son vieux compère

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25 jan 2008

Je cite #8

Catégorie : Kultur, papier(s)L'arpenteur K. @ 20:27

«Éléonore, beaucoup trop habituée à cette fatale irritation du coeur qui nous prive de tout autre sentiment, s’étonnait qu’un être si distrait, si froid, puisse supporter son immobile existence. Sa tante se levait tous les jours à la même heure, faisait sa prière à la même heure, recevait à la même heure les pieux amis qui venaient la visiter et dont l’existence était aussi monotone et apathique que la sienne. Les repas étaient réglés ; mais elle priait sans onction, mangeait sans appétit et se mettait au lit sans avoir la moindre incitation au sommeil. Sa vie était purement machinale, mais la machine était si bien montée qu’elle paraissait se rendre compte de ses mouvements et en éprouver une sorte de satisfaction.
Éléonore s’efforça vainement d’imiter cette vie de froide médiocrité. Elle voyait un être inférieur à elle sous tous les rapports, jouir d’une espèce de bonheur, tandis qu’elle-même était malheureuse et s’en étonnait. Hélas ! elle ne savait pas que ceux qui sont privés de coeur et d’imagination sont les seuls qui sachent jouir des agréments de la vie. Une indolente et froide médiocrité leur suffit dans leurs occupations comme dans leurs distractions. Le plaisir ne signifie rien d’autre pour eux que d’être exempts de souffrances véritables, et ils n’associent la douleur qu’à l’idée de maux corporels ou calamités extérieures : la source de la douleur ou du plaisir ne se trouve jamais dans leur coeur, tandis que ceux qui sentent profondément l’y cherchent rarement ailleurs. Tant pis pour eux. C’est peut-être le meilleur de la condition humaine que d’être réduit à subvenir aux nécessités de la vie et d’être satisfait lorsqu’on y parvient ; au-delà, tout n’est que rêve de démence, agonie du désespoir. Mieux vaut la sombre mélancolie d’un jour d’hiver, dont la morne tristesse sans jamais diminuer du moins ne s’accroît point et que nous contemplons d’un oeil indifférent qui craint guère les menaces futures, que la glorieuse violence d’un jour d’été où, haletants sous la pourpre et l’or du couchant, nous voyons l’est s’assombrir, les armées du ciel assembler leur tonnerre, et la foudre, peut-être, nous réduire en cendres.»

in MelmothCharles R. Maturin

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16 jan 2008

Invasion Earth : The Aliens Are Here

Catégorie : Kultur, écran(s)L'arpenteur K. @ 1:57
L'affiche

La jaquette est pourrie, le film l'est aussi

J’aime le cinéma. Et j’ai failli l’oublier : je regardais de moins en moins de films.

Je m’y remets, doucement mais sûrement et par mes premières amours : le cinéma de genre horrifique. Je crois très sincèrement que c’est par ce  biais-là que tout a débuté. Gamin, j’avais la chance que mes parents aient eu un magnétoscope et que la maison fut suffisamment ouverte à mes petits voisins pour se transformer en « ciné-club ». Je louais un film le matin, le regardais une première fois seul, s’il me plaisait j’allais chercher Alexandre, seul garçon de mon âge dans le coin et on le regardait ensemble. Et si vraiment il en valait la peine, j’organisais une séance le soir même avec les filles du voisinage. Je me souviens ainsi d’Aliens vu 3 fois dans la même journée et de la réplique de Ripley dans son robot, passée en boucle 12 fois de suite : « ne la touche pas sale pute ! ».
Je me souviens aussi des samedi soirs avec Karim, quand il louait de quoi tenir la nuit entière. De là, la découverte de Evil Dead, Scanners, Wolfen… J’avais onze ou douze ans.
Plus tard, il a y eu la découverte des films de la Hammer, des séries B, Z, des nanards, des Troma. Et les pointures d’un autre genre : Welles, Pasolini, Cassavetes etc. La liste serait trop longue.

Pour ces raisons, et plus encore, quand je me suis renseigné sur ce qu’il était possible de regarder à la TV ce soir et que Invasion Earth : The Aliens Are Here allait commencer, j’ai zappé sans conviction avec juste un zeste de curiosité, sait-on jamais.

Et du coup, rapide critique de ce film de Robert Skotak, sorti en 1988.

Pour commencer, c’est le seul film en tant que réalisateur de Robert Skotak et on comprend aisément pourquoi à la vision de cette… oeuvre. Ceci dit, le gars est plus connu pour son travail dans les effets spéciaux : un Oscar pour Aliens, un autre pour Terminator 2

Le casting : on s’en fout, vous comprendrez bientôt pourquoi.

Quelques mots de l’histoire : des insectes extra-terrestres (ou l’inverse) et humanoïdes s’emparent d’un cinéma pour première étape de l’invasion de la Terre. Leur plan (n°9 évidemment) : diffuser des bandes-annonces et des extraits de classiques de la science-fiction des années 50 et 60 aux spectateurs présents dans la salle pour… euh… mmm… pourquoi on ne sait pas vraiment, mais c’est avec ça (et avec une machine de leur cru) qu’ils vont dominer le monde, c’est sûr. Voilà.

Et c’est donc parti pour un peu moins d’1h30 de séquences, en noir & blanc essentiellement, de films tels que Plan 9 From Outer Space, The Thing From Another World, Invasion Of The Body Snatchers, Rodan, la liste est longue, entrecoupées de scènes originales mais navrantes, stupides et laides. Et je ne vais pas m’évertuer à détailler l’horrible réalisation, le montage pourri de ces quelques scènes…

Vous comprendrez maintenant aisément pourquoi l’on se fout du casting, puisque les scènes originales représentent sans doute un peu moins de 20% de la durée totale du film et que le jeu (sic) des comédiens (re-sic) est nul et non-avenu. Après enquête, il s’avère que ce film fut la seule expérience cinématographique pour beaucoup et que la carrière de ceux qui ont insisté a souvent été bien courte.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, il semble donc que l’on puisse faire un vrai mauvais film tout en utilisant majoritairement des images d’autres films, qui, sans tous être excellents, ont tous une renommée et une certaine importance dans leur genre.
J’imagine que le point de départ de Invasion Earth était de leur rendre hommage mais c’est incroyablement raté. Je n’ose imaginer en revanche un autre point de départ à ce désastre.
Bref, ce film est une merde qui ne mérite même pas un visionnage de curiosité (je le sais mieux que vous, je l’ai subi).
Le seul intérêt que l’on puisse éventuellement y trouver, c’est qu’il peut servir de support à une soirée concours entre cinéphiles spécialistes pour déterminer lequel d’entre eux reconnaît le plus grand nombre de films « cités ». Enfin, pas trop spécialistes non plus, ils risqueraient de s’ennuyer.

Bon, pour les trop curieux et autres têtus qui se diraient que ça pourrait être bien de voir ce film pour s’initier aux films de SF des années 50 et 60, voici la liste des films dont sont issus les extraits :

  • The Thing from Another World (1951)
  • The War of the Worlds (1953)
  • Them! (1954)
  • It Came from Beneath the Sea (1955)
  • Invasion of the Body Snatchers (1956)
  • Earth vs. the Flying Saucers (1956)
  • It Conquered the World (1956)
  • The Mole People (1956)
  • Sora no daikaijû Radon (1956)
  • 20 Million Miles to Earth (1957)
  • The Giant Claw (1957)
  • Invasion of the Saucer Men (1957)
  • The Amazing Colossal Man (1957)
  • War of the Colossal Beast (1958)
  • Fiend Without a Face (1958)
  • The Blob (1958)
  • The Trollenberg Terror (1958)
  • The Hideous Sun Demon (1959)
  • The Angry Red Planet (1960)
  • Reptilicus (1961)
  • Konga (1961)
  • Journey to the Seventh Planet (1962)
  • Kingu Kongu tai Gojira (1962)

Voilà, allez plutôt regarder ceux-là en vous épargnant Invasion Earth : The Aliens Are Here, enfin, je dis ça pour vous.

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