18 fév 2008

The Host

Catégorie : Kultur, écran(s)L'arpenteur K. @ 13:16
The Host

The Host

The Host (Gwoemul), film Sud-Coréen de Joon-ho Bong de 2006.

Je vais faire court : je ne savais pas grand chose de ce film si ce n’était sa nationalité, que c’est un film d’horreur avec un énorme monstre sorti des eaux. J’en avais aussi lu et entendu que du bien et à mon tour, j’en conseille le visionnage. Ce n’est peut-être pas un grand film universel, on reste dans le cinéma de genre, mais c’est un film malin et intelligent, drôle et critique, émouvant (enfin, moi j’ai été ému) avec de vrais moments de tension. Il n’est pas parfait, mais son originalité comble quelques défauts minimes. Par exemple, il y a des plans de la créature où les effets spéciaux ne sont pas excellents, mais on s’en fout. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas ce qui compte ou disons pas tant que ça. C’est riche et généreux par bien d’autres aspects pour ne pas s’en formaliser.

Maintenant une illustration de l’habileté scénaristique : le tout début du film, clichesque au possible, libère le reste du long-métrage de scènes d’hypothèses et de justifications sur la genèse de la créature toujours ou bien trop souvent lourdes et barbantes. Et c’est fait dans les règles de l’art, on n’y voit sans problème le clin d’oeil au genre avec la pointe d’humour et le décalage nécessaires et c’est vraiment utilisé de façon enthousiasmante.

J’avais dit faire court, donc pour finir : la tension du film est présente et fonctionne parce que le réalisateur et les scénaristes ont su nous prouver dès le début qu’ils sont prêts à tout et à n’importe quoi, et dans le bon sens du terme. Du coup, en cassant ce qui sont de vilaines habitudes chez tant d’autres, d’un récit calibré, linéaire et finalement attendu, le spectateur reste sur ses gardes et se demande vraiment ce qu’il se prépare à voir.

Bref, un divertissement de qualité, que je ressens aussi comme une oeuvre personnelle et qui offre même un message à ceux qui, comme moi, apprécient également de trouver un discours social ou politique dans les films de genre entre deux cadrages loufoques et quelques tripes à l’air.

Mots-clefs : , , , ,


16 fév 2008

Wilderness

Catégorie : Kultur, écran(s)L'arpenteur K. @ 17:51

Wilderness est film de Michael J. Basset (2006) avec notamment Stephen Wight et Toby Kebbel.

Je ne vais pas révéler tout le scénario de ce thriller « horrifique » mais il s’agit d’une bande de délinquants britanniques envoyés sur une île déserte britannique en guise de punition, avec tout de même un garde-chiourme. Mais l’île n’est pas si déserte que ça et là, c’est le drame.

Une affiche de Wilderness

Une affiche de Wilderness

Bon, ça se regarde, le scénario n’est pas trop mal sans être d’une folle originalité et malgré quelques lourdeurs. Toby Kebbel a une bonne gueule mais ne m’a pas toujours convaincu, Steve Wight en nazillon fait du bon boulot mais tous les acteurs ne sont pas fabuleux ou n’ont pas été bien dirigés. Pour le genre (horrifique, je le rappelle), il reste sacrément dommage que les scènes de meurtres (bah oui, il y a des meurtres) soient systématiquement mal mises en scène et mal réalisées, gâchées (sauf une peut-être) et bien que certains les trouvent génialement gores, ça n’a pas été mon cas. Sur le papier ou ne serait-ce qu’à imaginer, ces morts sont assez crades et dérangeantes mais à l’image, bof. Ou je suis un vieux blasé (et encore, je pense que l’un n’empêche pas l’autre).
De toute façon, la réalisation est assez plate mais ce sont ces scènes là qui en pâtissent le plus.
Toujours à leur propos, je trouve étranges certains « effets » qui à mon sens n’ont pas leur place dans un film qui a tout pour être le plus réaliste possible et aurait dû l’être. Un exemple pour étayer le propos : je ne pense pas que je prendrais le temps d’être surpris qu’il me manque une moitié de main si dans le même temps je me faisais éviscérer. Oui, c’est un détail, mais ça compte. Ou est-ce un effet comique malvenu et raté, un clin d’oeil au genre, malvenu et raté, je ne sais pas.

Il vaut mieux oublier de prêter attention à la musique passablement mauvaise de Mark Thomas et au sound design pas brillant non plus.

Ça reste donc un film moyen, mais pas ennuyeux non plus, sauvé par les relations entre ses personnages et une certaine simplicité, une absence de prétention. Ça mérite d’être vu une fois mais sans doute pas de figurer dans sa dévédéthèque.

Et une petite chose encore : c’est toujours un plaisir d’écouter des britanniques s’exprimer avec un accent infernal (c’est peut-être même ce qui fait le plus peur dans Wilderness).

Mots-clefs : , , ,