The Host (Gwoemul), film Sud-Coréen de Joon-ho Bong de 2006.
Je vais faire court : je ne savais pas grand chose de ce film si ce n’était sa nationalité, que c’est un film d’horreur avec un énorme monstre sorti des eaux. J’en avais aussi lu et entendu que du bien et à mon tour, j’en conseille le visionnage. Ce n’est peut-être pas un grand film universel, on reste dans le cinéma de genre, mais c’est un film malin et intelligent, drôle et critique, émouvant (enfin, moi j’ai été ému) avec de vrais moments de tension. Il n’est pas parfait, mais son originalité comble quelques défauts minimes. Par exemple, il y a des plans de la créature où les effets spéciaux ne sont pas excellents, mais on s’en fout. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas ce qui compte ou disons pas tant que ça. C’est riche et généreux par bien d’autres aspects pour ne pas s’en formaliser.
Maintenant une illustration de l’habileté scénaristique : le tout début du film, clichesque au possible, libère le reste du long-métrage de scènes d’hypothèses et de justifications sur la genèse de la créature toujours ou bien trop souvent lourdes et barbantes. Et c’est fait dans les règles de l’art, on n’y voit sans problème le clin d’oeil au genre avec la pointe d’humour et le décalage nécessaires et c’est vraiment utilisé de façon enthousiasmante.
J’avais dit faire court, donc pour finir : la tension du film est présente et fonctionne parce que le réalisateur et les scénaristes ont su nous prouver dès le début qu’ils sont prêts à tout et à n’importe quoi, et dans le bon sens du terme. Du coup, en cassant ce qui sont de vilaines habitudes chez tant d’autres, d’un récit calibré, linéaire et finalement attendu, le spectateur reste sur ses gardes et se demande vraiment ce qu’il se prépare à voir.
Bref, un divertissement de qualité, que je ressens aussi comme une oeuvre personnelle et qui offre même un message à ceux qui, comme moi, apprécient également de trouver un discours social ou politique dans les films de genre entre deux cadrages loufoques et quelques tripes à l’air.


29 mars 2008 19:02
Si tout les films de monstres avaient cette qualité dans la psyhcologie des personnages humains, ce ne serait pas pour me deplaire. On est très loin des gnangnanerie des Godzilla et autre monstres japonais
13 octobre 2008 15:49
OULALA, il faudra que je le reregarde, parce que j’ai pas l’impression d’avoir vu ce film en le visionnant !
Il reste dans ma mémoire comme un film à voir et à oublier, me serais-je mépris ?