Ce blog pourrait facilement n’être qu’une succession de « ça faisait longtemps que », « depuis le temps que », « ce que le temps passe« , un enchaînement de retrouvailles avec moi-même, de manquements plus ou moins volontaires. Mais ce n’est pas de ces répétitions dont il est question ici, du moins, pas directement. Je voulais simplement consigner par écrit, dans l’enthousiasme et l’exclamation que je répète !
Je répète quoi ? Mais mon répertoire, mon set, ma musique à jouer sur scène !

Moi qui ne répète jamais autrement que lorsque j’ai un concert programmé ! Et encore ! Une semaine, une semaine et demie avant ! À la dernière minute, comme toujours, comme en tout et pour tout !1 Mais attention, il y a un discours derrière cet apparent dilettantisme, tout cela n’est pas que pathologie, non, c’est que j’opte sciemment pour la prise de risque, la vibration, l’instant rock n’ roll, l’excitation du mauvais pied sur le mauvais bouton, du pas bon doigt sur la pas bonne case, le frisson de la porte ouverte à toutes les fenêtres et tutti quanti. Tant pis si ça ne convainc que moi. Et si je ne suis pas moi-même naïf à ce point.
Cela faisait quelques mois que je n’avais pas joué autrement que dans le salon ou le bureau, avec une guitare branchée ou non dans une carte son, pas même un ampli, sans autre velléité que celle de jouer l’instrument et d’entretenir la condition physique. Ouais, si je veux, condition physique, carrément. Mais je ne suis pas pour autant un athlète du manche, entendons-nous. C’est un simple choix de mots. Une outrance. Et laissons tout de suite ce registre dans lequel je ne suis pas très à l’aise.
J’en étais où ?
Ah oui, j’ai répété ! Deux fois, en deux semaines, plein d’heures et des consécutives avec ça ! Je me souviens, il y a une fois, c’était un mardi et l’autre, un mercredi. La première n’avait rien d’extraordinaire, en étant revenu au point où il faut déjà se souvenir de ce que l’on fait à quel moment avec ses pieds, ses mains et ses sons, de quels mots, quelles phrases vont après quels autres. Oui, à ce point là. La deuxième fois n’avait rien d’extraordinaire non plus, hé, c’était une deuxième fois ! Faut pas rêver, tout ça n’est pas encore fluide et précis, si j’étais un véritable génie, capable de détente et de juste maîtrise en deux repasses de répertoire, je l’aurais déjà mentionné il y a longtemps, pensez donc ! J’ai encore des anti-sèches sous les yeux pour mes propres textes, la honte. Mais cette fois, je me suis autorisé le raide arbitrage de l’enregistrement et je vais d’ailleurs écouter tout ça de ce pas, parce que je cause et je tartine mais il va tout de même falloir se rendre compte par soi-même de l’ampleur des dégâts. Dont acte.
- je me soigne, la preuve [↩]
