28 mai 2009

Je cite #9

Catégorie : Kultur, papier(s)L'arpenteur K. @ 13:58

« … Mon ambition n’était pas qu’il1 me connût ou m’estimât, mais bien d’apprendre quelque chose de lui ; c’est-à-dire de me laisser conduire par lui jusqu’à moi-même. Où, sinon, aurait-il dû me conduire ? Aucun disciple ne reçoit de l’extérieur ce qu’il ne porte déjà de toute manière en lui, fût-ce de façon latente, dans son inconscient. Tandis qu’il croit imiter son maître, ce sont ses propres forces qu’il reconnaît et développe. Gide, qui s’est beaucoup intéressé au problème de l’influence, le sait mieux que personne. Voici ce qu’il écrivait :

« Il est bien téméraire d’affirmer que l’on aurait pensé de même sans avoir lu tels auteurs qui paraîtront avoir été vos initiateurs. Pourtant il me semble que, n’eussé-je connu ni Dostoïevski, ni Nietzsche, ni Freud, ni X ou Z, j’aurais pensé tout de même et que je n’ai trouvé chez eux plutôt une autorisation qu’éveil. Surtout, ils m’ont appris à ne plus douter de moi-même, à ne pas avoir peur de ma pensée et à me laisser mener par elle, puisqu’aussi bien, je les y retrouvais. »

in Le TournantKlaus Mann

  1. André Gide []

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27 mai 2009

Nioukoulélé

Catégorie : En passant, L'home, RetrouvaillesL'arpenteur K. @ 0:26

Voici le petit nouveau, vraiment tout petit qui vient agrandir la famille des trucs à cordes qui peuplent la maison et ses annexes.

Il s’agit donc d’un ukulélé soprano, Brüko n°6 de son petit nom générique. À ce propos, il n’y a qu’un seul de mes instruments qui possède un nom bien à lui, qui ne soit pas celui d’une marque ou d’un modèle : ma bonne vieille Golgotha que je vous présenterai peut-être plus longuement un autre jour.

Revenons à Brüko, petit nouveau, qui est arrivé par surprise la semaine dernière (techniquement, on appelle ça un cadeau). Et très étrangement, la surprise a été de taille, à bien des égards. Car bien que le soprano soit le modèle le plus courant de sa famille, ce soprano-ci me parut plus petit que les quelques exemplaires de ukulélés déjà croisés. Et léger avec ça ! Fichtre il ne pèse rien ! Ou disons à peine plus.

Une autre surprise fut que malgré sa taille, ça fait tout de même pas mal de boucan, un Brükolélé.

Si l’accordage diffère de celui d’une guitare, les positions d’accords se ressemblent énormément. Si ce n’est que lorsque l’on joue ce qui est à la guitare un accord de Ré, on se retrouve avec un Sol au ukulélé et c’est rigolo. Quand on est guitariste, parce que je me doute bien que ça ne vous amuse pas plus que ça, vous.

Le son aussi est rigolo et c’est plutôt normal, c’est un ensemble, le ukulélé semblant être un instrument incroyablement cohérent : le nom est rigolo, la taille est rigolote ainsi que la façon d’en jouer, ce serait stupide d’avoir un son dérogeant. Et n’oublions pas le poids qui fait bien marrer aussi.

Mais tout rigolo qu’en soit le son, il n’empêche pas pour autant d’atteindre des émotions bien sérieuses. C’est dit.

Le seul défaut que je lui trouve pour l’instant à cet instrument, c’est qu’avec ses airs de jouet, presque de friandise, de machin tout mignon, il me donne une furieuse envie d’en avoir plein. Malheureusement sa modeste taille est trompeuse et ça vaut tout de même un certain prix tous ces trukulélés, qu’ils soient ténors, banjolélés, guitalélés, résonators etc.

Quoiqu’il en soit, je me promets de belles heures avec celui-ci, peut-être même quelques sympathiques compositions et ça fait plaisir.

(d’autres photographies de mon beau ukulélé sont disponibles pour les plus curieux)

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