De Klaus Mann, on m’avait offert Mephisto, qui m’a profondément marqué et que je ne manquerai pas de relire un jour. Il y est question d’artistes, dramaturges et comédiens, dans l’Allemagne qui voit naître le IIIe Reich, de ceux qui tentent de résister, de ceux qui se laissent séduire, d’une manière ou d’une autre.
De Klaus Mann, j’avais plus tard acheté Le tournant, son autobiographie, que j’ai gardée de côté quelques années, comme tant d’autres livres, avant de me lancer dans sa lecture.
Et elle m’aura pris du temps cette lecture, elle a parfois été fastidieuse (la fin du chapitre l’Exil), mais je viens de l’achever et j’éprouve une certaine émotion à quitter son auteur.
Le tournant est une autobiographie militante et peut-être plus portée sur le monde que sur son auteur, ce qui est intéressant et sans doute original. Klaus Mann est plus ici un fil rouge, un lien, pour mieux traiter de la place de l’artiste dans la société, de celle de l’exilé et de l’apatride, de quelques uns des plus grands auteurs du XXe siècle, de l’arrivée du nazisme et de la seconde guerre mondiale, c’est bien son point de vue sur le monde qu’il partage, plus qu’un étalage de ses souffrances, sur lesquelles nous n’apprendrons pratiquement rien. Hormis qu’il était difficile d’être le fils, écrivain, de Thomas Mann.
