04 oct 2004

[Fragment - duplicata]

Category: L'home,RetrouvaillesL'arpenteur K. @ 0:47

Indocti dicunt omnia, Doctis est electio et modus.

Quand on n’a pas de talent, on dit tout. L’homme de talent choisit et se contient.

Quintilien

La retenue n’est aucune preuve de talent pour ceux dont je suis qui ne parviennent à s’exprimer. Quand le silence n’est pas raison ni volonté, mais l’unique manifestation, si dérisoire et pauvre, d’une souffrance muette, d’un vertigineux malaise, nés un jour de s’être senti indicible et d’inexorablement le demeurer.

L’encre qui sèche…

La pendule qui m’assène chaque seconde, avec un plaisir grandissant et pervers, et qui mêmement dissout ma patience…

L’épais brouillard de mes ratures, biffures, comme toute autre enclouure de mes mots et de mon être qui masque et se fait tordre de douleur chacune de mes phrases jusqu’à l’illisible, l’invisible, le néant. La pendule, le brouillard, l’encre sécheresse, l’encre pêcheresse, tout ça et le reste, l’incommensurable reste jusqu’à ce que je – plume – cahier – se ferment pour garder comme en une tombe mes sentiments, mes importances, moi…

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02 juin 2004

Décidément, décidément

Category: L'homeL'arpenteur K. @ 23:34

Relecture, une autre. Là, le cahier est vert, son correspondant aussi : au début, il a vingt ans. Non, c’est plus compliqué, au début ce n’est pas vraiment lui, enfin, ça ne l’a pas été. Le vert cahier s’ouvre sur un monologue de Sam Shepard, le monologue d’ouverture de Californie, paradis des morts de faim, mon premier premier rôle, avatar mort-né.

On ouvre un vieux cahier, tourne quelques pages, deci delà, on lit quelques mots, des phrases qui pour certaines cherchent encore aujourd’hui leur(s) sens, et après des années, on ouvre un vieux stylo, tourne quelque page encore vierge et l’on reprend l’approximative narration. Narration d’un peut-être soi.

Pour ne pas commencer, recommencer par un mensonge, le stylo est neuf.

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