12 nov 2008

Yippee-ki-yay, motherfucker!

Category: Kultur,écran(s)L'arpenteur K. @ 20:46

Il y a une semaine ou deux, je disais à Madame que j’apprécierais de passer une soirée cinéphilique mono-maniaque. Qu’est-ce ? Rien d’aussi compliqué que ne le suggère son intitulé : il s’agit de passer une soirée devant un téléviseur après avoir choisi une thématique et d’y ajouter un petit quelque chose relevant du défi, un truc un peu masochiste, histoire que l’on s’en souvienne plus tard, un enjeu. Mais c’est une affaire de goût personnel, chacun est libre d’organiser sa soirée comme il l’entend et d’y apporter sa touche. Illustration : une soirée Back to the Future, un excellent choix pour débuter. Les trois films sont de qualité et sont divertissants et c’est une trilogie qui est assez courte. Contrairement à celle du Seigneur des anneaux et que j’avais à l’esprit au moment d’en parler Ce n’est pas que je sois particulièrement fan, c’est peut-être même tout le contraire, mais c’est ici la durée honorable de l’entreprise qui est motivante1 sans oublier le fait que l’oeuvre doit prendre une toute autre ampleur vue ainsi d’une traite.

Et voilà qu’avant-hier, au détour d’une bande-annonce, j’appris que Canal+ diffusait ce mardi 11 novembre l’intégrale, non pas du Seigneur des anneaux, mais de Die Hard. Et si là non plus, je ne suis pas un grand fan, loin s’en faut, ça faisait une belle coïncidence. Et les belles coïncidences, il faut savoir sauter dessus.

Die Hard, donc.

Si j’avais évidemment adoré, gamin, Piège de cristal, je gardais en revanche un très mauvais souvenir de 58 minutes pour vivre à tel point que j’avais ignoré le troisième volet et qu’il ne me serait jamais venu à l’idée de regarder le quatrième. Et puis, il faut le dire : l’actioner2 n’est pas mon genre préféré. Ceci dit, pour avoir discuté ici et là avec des fans hardcore de John McTiernan, j’étais assez curieux de revoir Piège de cristal.

Je me suis donc laissé tenté par l’expérience. Et j’en suis sorti lobotomisé, mais ça c’est l’effet normal quand on regarde une télévision attentivement de 14h00 à 23h00. Ou de 9h00 à 18h00 remarquez, puisque ce n’est pas tant une question d’horaire que de durée.

Neuf heures ! Neuf heures de Die Hard. Tout ça à cause d’une vicieuse envie d’intégrale cinoche et de quelques fans de McTiernan. Qui réalise les deux meilleurs opus de la franchise, il faut le reconnaître.

Globalement, je les ai tous trouvés trop longs (ils durent tous plus de 2h00) et si Piège de cristal ne l’est qu’un tout petit peu vers la fin et n’en souffre pas, Die Hard 4 : Retour en enfer l’est quasiment dès le début puisqu’il ne présente aucun intérêt, ses enjeux dramatiques ne prenant jamais et le film se contentant d’aligner les marques de fabrique pour tenter de rester fidèle à la franchise.

58 minutes pour vivre doit être long aussi, mais en s’endormant une ou deux fois, ça passe plutôt bien. Je précise que l’endormissement n’est normalement pas toléré lors des soirées cinéphiliques et mono-maniaques sauf circonstances atténuantes avérées. Pour me défendre, je dirais que je me suis laissé surprendre par une soirée qui commençait à 14h00, qu’étant seul je ne pouvais me maintenir éveillé en daubant sur ce que j’étais en train de regarder, ce qui est sans doute l’une des meilleures techniques contre l’endormissement et que… le film ronfle franchement lui aussi.

Décidément, ce 58 minutes pour vivre ne m’a guère plus convaincu aujourd’hui qu’autrefois. Parce que le personnage de McClane n’est plus aussi crédible en gars qui se trouve au mauvais moment au mauvais endroit une seconde fois ; le seul qui en veut face à une administration et une technocratie paresseuses et conformistes. Et s’il n’y avait que ça ! Alors que le scénario d’Une journée en enfer s’affranchit très bien de cette faiblesse qu’est l’absence de « fraîcheur » du personnage en prenant quelque part son contre-pied : cette fois, c’est McClane qui est pris pour cible, directement. Et la présence du personnage de Zeus Carver (Samuel L. Jackson), même s’il n’y a rien d’original à la présence d’un sidekick ((on dit « faire-valoir » en français, mais selon moi, ça n’a pas tout à fait la même signification)) dans ce type de film, oxygène un peu la formule.

Ma dernière expérience mémorable en matière d’intégrale avait été la diffusion, déjà sur Canal+, de l’intégrale Star Wars, un premier ou deux janvier. Intégrale qui a pour elle d’avoir ses meilleurs éléments à la fin, ce qui permet de s’accomoder plus facilement de l’ennui qui guette lors des trois premiers opus, alors que celle de Die Hard est plus en dent de scie et finit par le pire. Et me force à admettre que McTiernan l’emporte.

  1. plus de onze heures avec les « special extended edition » []
  2. on dit « film d’action » en français []

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