19 déc 2008

Eyes without a face #1

Category: Kultur,écran(s)L'arpenteur K. @ 12:57

Ne cherchez pas pour le titre, c’est une idée, comme ça, qui ne restera peut-être pas. J’ai voulu, impulsivement, un titre qui pourrait être récurrent et derrière lequel je pourrais parler brièvement des derniers films que j’ai vus. Celui-ci m’est apparu et ne semblait pas dénué de sens, en plus de l’hommage au film de Franju (et pas à la chanson de Billy Idol, n’en déplaise à Madame), parce que j’aime à regarder mes films dans l’obscurité et n’être plus qu’une paire d’yeux. Avec un bout de cerveau qui traîne derrière tout de même et des lunettes devant. Et parfois aussi un peu de peau pour la chair de poule et une carcasse pour le tressaut.

Bref.

Je viens de regarder Conan the Barbarian de John Milius (1982) avec l’actuel gouverneur de Californie dans le rôle titre1 et Dead of Night de Bob Clark (1974).

Conan le barbare

Je ne vais pas m’attarder sur le premier néanmoins, j’ai été assez surpris par ce qui est presque une absence de dialogues voire même de texte puisqu’il y a une voix off qui n’est pas très bavarde non plus. Je ne me souvenais pas que c’était à ce point. Et malgré ce que peuvent penser les plus taquins d’entre vous à propos des capacités de comédie du « chêne autrichien » et le peu de dialogues qu’on l’entend prononcer dans la plupart de ses films, dans Conan, c’est vachement bien.

Parce que ce film est remarquablement elliptique, et pas seulement cinématographiquement « parlant », n’est-ce pas ? Du coup, pas de poncifs abêtissants, pas de sentences poussives qui sont autant d’insultes à l’intelligence des spectateurs, Milius fait confiance à sa mise en scène et à la puissance symbolique (et évocatrice pour faire plaisir à Yannick Dahan) de son héros et de son univers pour exprimer l’essentiel.

De même, Milius grâce encore à l’ellipse et à sa mise en scène n’alourdit pas son film de plans détaillant ce fameux univers et qui auraient eu tendance à dire au spectateur : « tu as vu ? J’ai un beau décor médiéval, j’ai de beaux costumes heroic-fantasy, mate la direction artistique, tu as vu comme ça fait Conan ? ». C’est souvent le cas dans les mauvais films où des réalisateurs préfèrent s’attarder sur ce genre de détails pour mieux masquer la pauvreté du reste.

Non, il traite cet univers dans son ensemble, tout ceci est intégré très naturellement et de ce fait, l’immersion du spectateur est facilitée, l’univers de Conan existe, nous y sommes, point. Pour ça, Milius s’aide beaucoup des décors naturels qui constituent l’essentiel des décors du films, dans une tradition qui est celle des westerns : la traversée par les protagonistes de grandes étendues désertiques.

Oui, c'est l'affiche d'un autre film et alors ? c'est marqué Dead of Night non ?

Oui, c'est l'affiche d'un autre film et alors, c'est marqué Dead of Night non ?

Quant à Dead of Night, je n’en savais rien. Je n’avais pas prévu de le regarder quand quelques minutes avant sa diffusion sur Arte, Béplo m’a demandé via messagerie instantanée ce que j’en pensais. C’est à ce moment-là que j’ai découvert que c’était un film de Bob Clark. Et si je ne pense pas avoir vu grand chose de Bob Clark, je sais que son Black Christmas que j’ai découvert cette année m’a fait forte impression. Je constate néanmoins des points communs entre les deux films : la perte d’un enfant, les rockings-chairs, l’importance  et la prépondérance de l’ambiance et d’autres trucs que j’ai oubliés, ça m’apprendra à autant attendre avant de finir la rédaction d’un billet. J’espère d’ailleurs ne pas avoir écrit trop de conneries ci-dessus, j’ai la flemme de me relire.

La réalisation et le montage sont assez troublants et peuvent sembler parfois approximatifs, ils le sont peut-être d’ailleurs, mais je ne saurais pas dire dans quelle mesure est-ce que c’est volontaire. Je sais en revanche que Bob Clark parvient ainsi à ajouter au malaise et à l’ambiance glauque que distille son film. C’est ballot, j’avais trouvé la formule de « déstabilisation du spectateur par la facture » et je me suis dégonflé. Soit.

Pour finir avec The Night Andy Came Home2, j’ai lu quelque part qu’il s’agit du premier film avec un ǝıqɯoz qui parle. Ah ? Je n’ai absolument pas dit un mot de l’histoire ? Ce n’est pas compliqué : regardez-le !

  1. vous le saviez déjà ? []
  2. c’est l’un des nombreux titres de Dead of Night, avec The Veteran, Deathdream… []

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01 mai 2008

À l’intérieur

Category: Kultur,écran(s)L'arpenteur K. @ 12:10

Un film d’Alexandre Bustillo et Julien Maury (2007) avec Alysson Paradis, Béatrice Dalle et Nicolas Duvauchelle.

Il y a beaucoup de choses à dire d’À l’intérieur, c’est déjà ça, mais pour être honnête, je l’ai vu il y a déjà un petit moment et cette chronique inachevée date un peu elle-même et je n’ai pas très envie de m’y replonger. Ce qui suit est donc incomplet, je vous le livre tel quel. Qui sait, je l’étofferai peut-être un jour, à l’occasion d’un second visionnage (et je pourrais même peut-être changer d’avis, hein, qui sait ?).

Voilà, ça me gêne un peu de parler de ce film. Parce que le cinéma de genre est rare en France, qu’il faut le défendre, patin-couffin. Et que ça va m’être dur que de défendre À l’intérieur. Parce que je ne l’ai pas aimé, ni trouvé bon (c’est même pour ça que je ne l’aime pas). Et que je n’ai pas envie de tomber dans le travers du « ah oui mais c’est bien pour un film français », même si, par certains côtés, ça compte : c’est bien que l’on puisse voir un long-métrage français aussi gore et sanglant, mais faut pas pousser plus loin.

Même si l’on peut apprécier un certain dynamitage formel, il est dommage que ça ne fonctionne pas. C’est vrai qu’il était audacieux de faire un court-métrage d’une heure et vingt minutes, mais qu’est-ce que c’est long ! Surtout pour un scénario qui semble étiré au possible et qui ne tient pas la route. Les réactions des personnages ne paraissent pas crédibles et le timing de ce qui se passe claudique. Sur ce dernier point, j’hésite entre un montage hasardeux, une écriture malingre ou une volonté de grappiller du temps et d’allonger la bobine. Ou ce n’est rien de tout ça et l’isolation sonore des escaliers entre le rez-de-chaussée et l’étage est proprement impressionnante et il est impossible d’entendre ce qu’il se passe à l’étage depuis le rez-de-chaussée et vice-versa.

Le contexte politico-social ressemble plus à un prétexte qu’à autre chose. Les gars, la prochaine fois, si vous voulez glisser un message politique dans un de vos films, ne vous cassez pas, un plan avec un zombie qui pousse un caddie, vous verrez, ça a beaucoup plus d’impact et c’est toujours marrant.

C’est tout, c’est un peu lapidaire, mais débrouillez-vous avec ça.

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18 fév 2008

The Host

Category: Kultur,écran(s)L'arpenteur K. @ 13:16
The Host

The Host

The Host (Gwoemul), film Sud-Coréen de Joon-ho Bong de 2006.

Je vais faire court : je ne savais pas grand chose de ce film si ce n’était sa nationalité, que c’est un film d’horreur avec un énorme monstre sorti des eaux. J’en avais aussi lu et entendu que du bien et à mon tour, j’en conseille le visionnage. Ce n’est peut-être pas un grand film universel, on reste dans le cinéma de genre, mais c’est un film malin et intelligent, drôle et critique, émouvant (enfin, moi j’ai été ému) avec de vrais moments de tension. Il n’est pas parfait, mais son originalité comble quelques défauts minimes. Par exemple, il y a des plans de la créature où les effets spéciaux ne sont pas excellents, mais on s’en fout. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas ce qui compte ou disons pas tant que ça. C’est riche et généreux par bien d’autres aspects pour ne pas s’en formaliser.

Maintenant une illustration de l’habileté scénaristique : le tout début du film, clichesque au possible, libère le reste du long-métrage de scènes d’hypothèses et de justifications sur la genèse de la créature toujours ou bien trop souvent lourdes et barbantes. Et c’est fait dans les règles de l’art, on n’y voit sans problème le clin d’oeil au genre avec la pointe d’humour et le décalage nécessaires et c’est vraiment utilisé de façon enthousiasmante.

J’avais dit faire court, donc pour finir : la tension du film est présente et fonctionne parce que le réalisateur et les scénaristes ont su nous prouver dès le début qu’ils sont prêts à tout et à n’importe quoi, et dans le bon sens du terme. Du coup, en cassant ce qui sont de vilaines habitudes chez tant d’autres, d’un récit calibré, linéaire et finalement attendu, le spectateur reste sur ses gardes et se demande vraiment ce qu’il se prépare à voir.

Bref, un divertissement de qualité, que je ressens aussi comme une oeuvre personnelle et qui offre même un message à ceux qui, comme moi, apprécient également de trouver un discours social ou politique dans les films de genre entre deux cadrages loufoques et quelques tripes à l’air.

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