24 mar 2010

Le tournant

Category: Kultur,papier(s)L'arpenteur K. @ 15:32

De Klaus Mann, on m’avait offert Mephisto, qui m’a profondément marqué et que je ne manquerai pas de relire un jour. Il y est question d’artistes, dramaturges et comédiens, dans l’Allemagne qui voit naître le IIIe Reich, de ceux qui tentent de résister, de ceux qui se laissent séduire, d’une manière ou d’une autre.

Klaus Mann

Klaus Mann

De Klaus Mann, j’avais plus tard acheté Le tournant, son autobiographie, que j’ai gardée de côté quelques années, comme tant d’autres livres, avant de me lancer dans sa lecture.

Et elle m’aura pris du temps cette lecture, elle a parfois été fastidieuse (la fin du chapitre l’Exil), mais je viens de l’achever et j’éprouve une certaine émotion à quitter son auteur.

Le tournant est une autobiographie militante et peut-être plus portée sur le monde que sur son auteur, ce qui est intéressant et sans doute original. Klaus Mann est plus ici un fil rouge, un lien, pour mieux traiter de la place de l’artiste dans la société, de celle de l’exilé et de l’apatride, de quelques uns des plus grands auteurs du XXe siècle, de l’arrivée du nazisme et de la seconde guerre mondiale, c’est bien son point de vue sur le monde qu’il partage, plus qu’un étalage de ses souffrances, sur lesquelles nous n’apprendrons pratiquement rien. Hormis qu’il était difficile d’être le fils, écrivain, de Thomas Mann.

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31 jan 2008

Heartbreak Ridge

Category: Kultur,écran(s)L'arpenteur K. @ 17:31
Heartbreak Ridge - L'affiche

Heartbreak Ridge - L'affiche

Heartbreak Ridge (1986), plus connu en France sous le titre du Maître de guerre, est un film de et avec Clint Eastwood que j’ai vu un certain nombre de fois et qu’il ne doit pas vraiment être la peine de présenter. C’est encore un film que j’ai découvert gamin, à l’époque où, pour Alexandre et moi, un tel film, avec de l’action, plein de gros mots, d’argot et de répliques « coups de poing », était le summum de la coolitude.

Il fallait, mardi soir, que je me change les idées, vraiment, et en ce moment le cinéma remplit assez bien cette fonction sur ma petite personne. Je n’avais aucune idée de quoi regarder, aucune inclinaison particulière, avant de tomber sur une bande-annonce de la Relève avec Charlie Sheen et Clint. Et encore une fois, Clint est apparu comme l’homme de la situation, il faut dire qu’il le porte un peu sur sa gueule et qu’il est coutumier du fait selon ses rôles les plus populaires.

Le sergent-tirailleur Highway

Le sergent-tirailleur Highway

C’était décidé, c’est Clint qu’il me fallait pour oublier un instant les vicissitudes de la vie. Malgré sa longue carrière, il n’est pas énormément représenté dans notre dévédéthèque et le choix s’est porté sur… Heartbreak Ridge, forcément, sinon je n’en parlerais pas ici. Le choix tranquille de la valeur sûre ayant déjà fait ses preuves.

Et à nouveau, j’ai pris du plaisir à le regarder et si j’en connais bon nombre de répliques par coeur, enfin, dans sa version française, ça m’a fait tout drôle de le voir en VO, ça ne devait être que la deuxième fois. J’avoue d’ailleurs que ça parle tellement vite et souvent avec un langage assez particulier, un accent pas possible, que sans les sous-titres j’aurais été véritablement paumé. Bon, et puis j’étais fatigué, hein. Quoiqu’il en soit, il y a un vrai travail sur l’écriture des dialogues, dont le trait est peut-être un peu forcé pour le côté comédie, mais qui fonctionne véritablement bien.

Tiens, je me rends compte que je suis incapable de parler de la réalisation de ce film. Je ne dois pas parvenir à y être attentif, pris par l’histoire, les dialogues, ma propre nostalgie. J’en déduis donc qu’elle ne doit pas être trop mauvaise ou ratée, parce qu’en tel cas, tout pris que l’on soit, quand ça saute aux yeux… Peut-être est-elle simplement sobre et efficace. Ceci dit, j’ai quelques images en tête, quelques plans qui sont loin d’être dégueulasses (en me relisant, je me dis aussi qu’il y en a des pas terribles, notamment pendant une scène de combat).

Le scénario de James Carabatsos ne fait pas forcément dans l’originalité mais va piocher dans différents registres avec un certain succès, en alternant entre la vie professionnelle et personnelle du sergent-tirailleur Highway qui finit par ne plus être à sa place nulle part et va se battre, au propre comme au figuré pour regagner son rang, au coeur des Marines comme dans celui de son ex-femme.

Highway et son ex-femme

Highway et son ex-femme

Le vrai sujet du film doit être quelque part par là d’ailleurs, mais je vous épargne une analyse qui risquerait d’être trop approximative. Highway, toujours debout, n’en est pas moins un personnage cabossé et malgré ses faits d’arme et la fierté qu’il en tire, la guerre reste un truc dégueulasse, c’est montré dès le générique et cela est sous-tendu tout au long du film, et Tom Highway ne sait faire que ça.

Une image du générique

Une image du générique

Bon, pourquoi tout cet habituel verbiage ? Parce qu’il me semble que le Maître de guerre est un film assez mésestimé dans la filmographie du réalisateur Eastwood, qu’il est pourtant assez fidèle à ce qu’est son univers, et qu’il mérite d’être vu ou revu. C’est divertissant et ça reste intelligent et sensible et pas mal fait. C’est donc bien mieux que quelques tonnes de bouses que l’on sait si bien nous servir et dont certains se repaissent malheureusement avec un appétit sans faille.

Choozoo raconte

Choozoo raconte

Highway et Choozoo, son vieux compère

Highway et Choozoo, son vieux compère

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