24 mar 2010

Le tournant

Category: Kultur,papier(s)L'arpenteur K. @ 15:32

De Klaus Mann, on m’avait offert Mephisto, qui m’a profondément marqué et que je ne manquerai pas de relire un jour. Il y est question d’artistes, dramaturges et comédiens, dans l’Allemagne qui voit naître le IIIe Reich, de ceux qui tentent de résister, de ceux qui se laissent séduire, d’une manière ou d’une autre.

Klaus Mann

Klaus Mann

De Klaus Mann, j’avais plus tard acheté Le tournant, son autobiographie, que j’ai gardée de côté quelques années, comme tant d’autres livres, avant de me lancer dans sa lecture.

Et elle m’aura pris du temps cette lecture, elle a parfois été fastidieuse (la fin du chapitre l’Exil), mais je viens de l’achever et j’éprouve une certaine émotion à quitter son auteur.

Le tournant est une autobiographie militante et peut-être plus portée sur le monde que sur son auteur, ce qui est intéressant et sans doute original. Klaus Mann est plus ici un fil rouge, un lien, pour mieux traiter de la place de l’artiste dans la société, de celle de l’exilé et de l’apatride, de quelques uns des plus grands auteurs du XXe siècle, de l’arrivée du nazisme et de la seconde guerre mondiale, c’est bien son point de vue sur le monde qu’il partage, plus qu’un étalage de ses souffrances, sur lesquelles nous n’apprendrons pratiquement rien. Hormis qu’il était difficile d’être le fils, écrivain, de Thomas Mann.

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17 sept 2004

La tyrannie de la communication

Category: Kultur,papier(s)L'arpenteur K. @ 0:08

Gare de Lyon à Paris, un train à prendre, quoi d’autre ?

La tyrannie de la communication - Ignacio Ramonet

La tyrannie de la communication - Ignacio Ramonet

Rien à lire, dix minutes devant moi, je me précipite dans un de ces points de vente de livres que l’on ne nommera pas librairie. Me voilà prêt pour mon voyage ferroviaire, un bouquin d’Ignacio Ramonet dans la main : la Tyrannie de la communication.

L’auteur y traite de la crise du journalisme, de la surinformation et de la désinformation, de l’économie du secteur et plus particulièrement des immenses conglomérats qui se forment pour contrôler les médias et la communication, de la télé-réalité, d’Internet et de Lady Di. Et caetera, bien entendu.

Dépouillé pour dépouillé : ce livre m’a déçu.

Je lui trouve quelques raccourcis un peu hasardeux, il manque de cohérence (dans ses répétitions, aussi contradictoire que cela puisse paraître), à se demander si ce n’est pas une compilation d’articles remaniés pour l’occasion.

Ignacio Ramonet critique le mimétisme entre les différents médias, le fait qu’ils s’auto-alimentent de plus en plus alors que le début de son livre est presque une succession de propos rapportés, tirés de Télérama, du Monde et tant d’autres… Cela se remarque d’autant plus qu’il se « contente » par la suite de citer les sources au lieu de reprendre des bouts d’entretiens, voire des paragraphes entiers. Il se réfère également beaucoup à des articles ou des auteurs du Monde Diplomatique, ce qui est compréhensible, puisqu’il en est le rédacteur en chef, mais j’aurais justement souhaité un peu plus de réserve quant au fait de le citer (alors que, si ça se trouve, il a déjà fait preuve d’une immense réserve, aïe ! )

J’ai été également déçu par le fait de ne pas en apprendre plus de choses (j’entends d’ici « sale petit prétentieux »), le fait est que je suis déjà un peu sensibilisé sur le sujet, mais je ne peux pas dire que je n’ai rien appris non plus. J’ai parfois eu l’impression de me trouver face à quelques lieux communs (pas si communs, mais un peu quand même).

Bon, il faut reconnaître que ce livre est facile à lire, et se lit vite, seulement… ce petit quelque chose qui me dit qu’il en a été de même quant à son écriture me perturbe.

Et là je conclus :

C’est néanmoins un livre que je conseillerai aux néophytes du scepticisme médiatique, il est d’ailleurs peut-être écrit pour eux, et si mes propos paraissent ici péjoratifs, c’est que je m’exprime mal. Et je dois admettre que depuis que j’ai achevé la lecture de la Tyrannie de la communication, je suis encore plus mal à l’aise en écoutant les infos à la radio, encore plus dépité et énervé (en plus du fait que le 7-9 de France Inter devienne une émission de droite). Et même si ce livre ne devait me servir qu’en ça, c’est toujours ça.

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